![]() ![]() |
Pascal
THOMAS Président du Groupe Union Pour Saint-Dié Conseiller municipal d'opposition de la ville de Saint-Dié des Vosges, capitale du Massif Vosgien Responsable UDF pour la Déodatie |
||||||||
|
Mes
Idées
Dans cette rubrique, je vous donne mon point de vue sur des sujets d'actualité à l'assemblée législative, comme l'emploi, le social, ... Les 35 heures|Mesures pour l'emploi|La protection du salarié C’est une erreur économique. Dans une économie mondialisée et de plus en plus concurrentielle, la durée du travail est un facteur de compétitivité. Il n'est bien entendu pas le seul : notre compétitivité passe d'abord et avant tout par la qualité de nos produits, l'intelligence qu'ils incorporent, l'innovation, tout ce qui est autour de la qualité plutôt que de la quantité. Nous travaillons 900 heures par an, là où le Canada est à 1 200 heures. Bien entendu, ce dernier rang des pays de l'OCDE est lié au niveau de notre chômage et au taux d'activité très faible des moins de 25 ans et des plus de 50 ans. Mais la réduction autoritaire du temps de travail a aggravé sérieusement la situation. C'est ensuite une erreur financière. Les 35 heures coûtent environ à notre pays entre 20 et 25 milliards d'euros par an de réductions de charges sociales et de coût engendré pour les collectivités publiques. C'est aussi une erreur sociale, au moins en partie. Dire que les 35 heures ne sont appréciées par personne serait mentir. Sans aucun doute pour nombre de parents voulant s'occuper de leurs enfants ou pour nombre de salariés ayant notamment des niveaux de rémunération corrects ou élevés, les 35 heures sont apparues comme une aubaine. Cependant, les 35 heures ont un coût social très élevé, notamment pour celles et ceux qui se situent en bas de l'échelle des salaires : pour amortir le choc, les salaires ont été bloqués et ont conduit à une perte du pouvoir d'achat C'est enfin une erreur culturelle. Les 35 heures ont provoqué une vraie rupture culturelle particulièrement manifeste chez nombre de compatriotes. Très nombreux sont aujourd'hui ceux qui ne font plus du travail une priorité. Comme la question des retraites était devenue une évidence en 2002, la question de la place du travail dans notre société devra être au coeur de la prochaine campagne présidentielle, puisque c'est à ce moment que de tels débats peuvent avoir lieu. Il faudra dire clairement à nos compatriotes qu'il ne peut pas y avoir de progrès social, ni de mécanisme de solidarité efficace, ni d'augmentation sensible du pouvoir d'achat, s'il n'y a pas d'abord production de richesses. Dans ce débat, l'UDF avance toujours la même proposition depuis 2002, celle de François Bayrou : maintenir à 35 heures la durée légale du travail, rémunérer les quatre premières heures supplémentaires à 125% au-delà de 35 heures et exonérer les charges sociales à due proportion pour les entreprises. On récompensait sans mécanisme compliqué et conditionné à d'hypothétiques accords celles et ceux qui veulent travailler plus, sans que cela coûte plus cher à l'entreprise. On cassait surtout la logique infernale de la réduction du temps de travail. [Remonter] 1er Constat La France n’a plus confiance dans son avenir, elle s’enfonce dans le doute. Il faut agir pour rendre au pays le tonus qu’il perd, insensiblement, depuis une vingtaine d’années. La France souffre, depuis vingt ans, d’un chômage structurel qui évolue entre 8 et 10% de la population active. Non seulement son taux d’activité est trop faible mais encore elle cumule deux handicaps inquiétants : la jeunesse est la première victime du chômage et les seniors sont également exclus du travail. Tous les indicateurs sont simultanément au rouge : creusement des déficits, envolée de la dette, balance négative des transactions courantes, c’est toute la compétitivité de notre pays qui se dégrade. 2ème constat Pourtant, nous avons, depuis trente ans, ajouté les uns aux autres de nombreux dispositifs, dont aucun n’a vraiment démontré sa pleine capacité à résorber le chômage. Mesures catégorielles tantôt en faveur des jeunes, tantôt en faveur des plus âgés, tantôt en faveur des chômeurs de longue durée, aides mises en oeuvre soit au bénéfice du secteur marchand soit au bénéfice du secteur non-marchand, allègement du coût du travail, réduction incitative ou obligatoire de la durée du travail, rien n’y a fait vraiment. Les dépenses pour l’emploi ont largement augmenté, pas leur efficacité. Remèdes Une politique de l’emploi n’a pas de sens si elle est considérée isolément ; elle doit s’inscrire dans une vision plus large incluant la formation et la recherche, la fiscalité et la politique des revenus, la démographie et la famille et se plaçant délibérément dans une perspective européenne. Elle ne peut être que l’élément d’un tout, c’est-à-dire d’un véritable contrat avec le peuple. Il est nécessaire de concilier efficacité économique et équité sociale : - D’abord, il faut revoir l’assiette des charges sociales qui pénalise excessivement le travail, valeur essentielle de notre société. Pour éviter que les charges continuent d’assécher le travail qui procure à l’homme sa dignité, je suggère un transfert significatif vers la CSG dont le socle, plus large, englobe aujourd’hui 97% des revenus ou la création d’une TVA sociale. - Ensuite, nous devons accroître la quantité de travail fournie dans notre pays : notre problème majeur est celui du déficit de travail tout au long de la vie, par rapport aux autres économies. D’une manière générale, c’est vers une modulation du temps de travail tout au long de la vie qu’il faut aller, selon la pénibilité des métiers et leur exposition aux risques et selon la diversité des souhaits des personnes concernées. Pour les jeunes, c’est d’abord le handicap de l’absence d’expérience professionnelle qu’il faut surmonter. Pour cela, je propose d’expérimenter le mécanisme des « emplois francs » que François Bayrou a imaginé : il s’agirait d’emplois dont les cotisations sociales seraient limitées à 10% du salaire brut, pendant un délai de cinq ans. Pour les plus âgés, c’est la suppression des restrictions à l’activité (préretraites, contribution Delalande) qu’il faut envisager, en même temps qu’un plus large cumul d’un emploi rémunéré et d’une retraite. - Dans le même temps, une refonte du code du travail s’impose pour s’adapter à sa double mission : fournir un cadre à l’activité des entreprises, protéger les droits des salariés, ceci sans recul qualitatif mais dans un souci de clarification. Je propose un contrat de travail unique à durée indéterminée, assorti d’un renforcement progressif du mécanisme d’indemnisation et de protection du salarié. - Enfin, par grand bassin d’emploi, il est nécessaire de rapprocher les principaux partenaires, cela sera plus efficace et moins coûteux. [Remonter] Il est difficile d’admettre, pour les uns, que l’entreprise, pour se développer, doit bénéficier de la souplesse nécessaire pour s’adapter aux évolutions de son marché, et aux initiatives de la concurrence. De la même manière, pour les autres, il est inconcevable de convenir qu’il est nécessaire de rassurer le salarié sur son avenir, lui redonner d’abord confiance, pour espérer ensuite une meilleure croissance. Protéger le salarié, c’est d’abord, développer les moyens humains d’un service public de l’emploi capable de se mobiliser autour d’un chômeur suffisamment indemnisé, pour l’accompagner de manière personnalisée dans sa recherche d’emploi. Ensuite, c’est donner à tous, une véritable seconde chance de rebondir dans une nouvelle carrière, un nouveau métier avec par exemple, un chèque formation disponible dès la sortie du système scolaire, d’un montant inversement proportionnel au niveau de formation. Par ailleurs, il faut rendre le travail payant, voire très payant, en encourageant la reprise de l’emploi dans l’année qui suit l’entrée au chômage, par le biais d’une prime significative qui aura pour avantage de déplacer le seuil d’acceptabilité d’un nouvel emploi, qui aurait pu paraître, à première vue, peu intéressant du point de vue du salaire, mais rendu attractif grâce à cette prime. Enfin, il faut revoir l’assiette des charges sociales qui pénalise excessivement le travail. Aussi doit on trancher une fois pour toutes, le débat sur la TVA sociale : oui ou non y a-t-il lieu d’asseoir tout ou partie du financement de la protection sociale sur la consommation ? Si ce n’est pas la consommation, peut on imaginer une autre base ? En protégeant ainsi le salarié, on conforte l’entreprise, qui assure sa pérennité en jouant son rôle qui est d’investir, d’innover et de commercialiser ses produits au meilleur prix, tout en créant des emplois. Les meilleures politiques d’aide à l’embauche n’auront aucun effet sur une entreprise à la traîne face à sa concurrence. Nos entreprises embaucheront parce qu’elles gagnent des marchés avec des produits innovants et de qualité. A cet égard, il faut encourager la logique des pôles de compétitivité, en développant au niveau des bassins d’emplois des synergies appuyées par les pouvoirs publics, entre recherche, universités et entreprises. Dans ce domaine, c’est une priorité qu’il faut accorder aux bassins d’emplois touchés par la désindustrialisation, qui sont les plus frappés par le chômage. La solidarité nationale exige que sur ces territoires qui ont contribué à l’essor industriel de notre pays, l’Etat concentre des moyens exceptionnels pour faciliter l’implantation de nouvelles activités. En protégeant ainsi le salarié, on libère enfin l’emploi, d’autant plus accessible qu’on aura déverrouillé les conditions d’accès à certains métiers excessivement réglementés, et ouvert les portes du monde du travail à l’ensemble de nos concitoyens, sans discriminations, en assurant l’égalité des chances à l’embauche. Dans la compétition internationale, soyons convaincus que la qualité de notre système de formation initiale et continue et l’expérience et les savoir-faire tirés de notre histoire industrielle, combinés aux mesures décrites ci-dessus, sont autant d’atouts qui profiteront aux entreprises, aux salariés et à l’emploi. [Remonter] |